05 mai 2006
Les carnets retrouvés du Colonel F Part 12
Note 001 : Enfin, à nouveau, je peux écrire. Il s’est passé tellement de chose durant ma dernière note que je ne sais pas trop par où commencer. Cela a commencé par le chavirage de notre embarcation. Une partie de nos porteurs a été emporté par le courant ou noyé. L’autre partie a rejoint la rive opposée avec mon fils alors que j’ai réussissais à ramener un porteur de ce côté-ci. Épuisé, je me suis endormi. A mon réveil, il avait disparu. Aucune trace de mon fils ni des porteurs de l’autre côté. J’ai crié son nom en vain.
Je me suis décidé à longer la rive afin de trouver un passage où le courant serait moins fort mais au fur et à mesure que j’avançais, le paysage devenait de plus en plus inhospitalier. Je me sentais épié mais impossible de dire par qui ? Ou par quoi ? J’ai survécu depuis ces longues semaines, mois ou année avec pour tout matériel mon couteau et rage de vouloir retrouver mon fils.
J’ai été pris de fièvre et je sais que j’ai erré longuement dans la jungle en délirant. D’étranges rêves m’ont hanté, je suis attaché sur une sorte de plaque de verre d’une blancheur éclatante. Tout est blanc autour de moi, puis j’entends comme des bruits d’insectes. Deux silhouettes se penchent sur moi, je ne comprends rien. Je remarque leurs gros yeux globuleux comme ceux des poissons chinois, puis une vive douleur qui me brule les entrailles. Je me réveille en hurlant à ce moment là. Je suis en sueur. Ces images me reviennent en tête souvent. Le hasard a fait qu’un insecte m’a piqué au même endroit ou je ressentais la vive douleur dans mon rêve.
Aujourd’hui j’ai trouvé cette grotte un peu par hasard. Des gens ont vécu ici et sont morts depuis un siècle ou plus si j’en crois l’état des cadavres. En explorant ce campement de fortune je suis tombé sur un gros livre vierge puis des plumes et de l’encre. J’ai décidé d’élire domicile ici et de mettre sur papier mes dernières errances avant de mourir ou de devenir fou, si ce n’est les deux à la fois.
17 août 2005
Les carnets retrouvés du Colonel F Part 11
"14 Juin 1925. Nous avons eu la joie de rencontrer une tribu Aguaruna. Comme le veut la tradition, nous nous sommes échangés des cadeaux. Leur sorcier était très intrigué par mon miroir, je l'ai échangé contre divers objets dont des têtes réduites sensés protéger contre les mauvais sorts. Avant de continuer notre route, il a tenu à interroger les dieux sur le succès de notre expédition. Tout en marmonnant quelques formules ésotériques et ingurgitant d'étranges champignons, il est entré en transe tout en dansant autour du feu puis il a commencé à entrer dedans, Samuel et moi même allions nous jeter sur lui afin qu'il ne brûle pas vif mais au dernier moment il a pointé son bâton sur Samuel qui s'est figé sur place, à commencer trembloter puis s'est agenouillé. Dansant, éructant des cris plus que des mots, le sorcier a quitté le feu pour s'asseoir à côté de Samuel qui grelottait. Malgré la proximité du feu, je me suis mis aussi à avoir froid. Un filet de bave à couler le long de la bouche de Samuel, elle s'est mise à bouger avant de devenir vaporeuse. Cela me rappelait les séances de spiritisme à Londres avec mon ami Conan. La forme vaporeuse s'est étirée, a prise la forme d'une tête humaine, on aurait dit un conquistador qui avait les traits de Pizarro, il était très en colère. Samuel a commencé à parler en portugais. Cela me stupéfia car je sais très bien que mon ami n’en parle pas un traître mot. J’ai la chance d’avoir pratiqué un peu cette langue mais pas assez pour comprendre l’intégralité des mots hurlés par Samuel. Je ne puis que traduire ces mots : cités fantômes, maudit, pilier du ciel, or, sans retour, homme des cieux. Puis Samuel s’est réveillé doucement sans souvenir aucun. Le sorcier souriant n’a laissé un petit sac de cuir contenant quelques champignons. Il m’a assuré que je saurais quoi en faire le moment venu. Nous sommes repartis chacun de notre côté le lendemain matin."
10 août 2005
Les carnets retrouvés du Colonel F Part 10
Extrait du carnet 0525
"07 Juin 1925. J'ai pris la décision de cartographier le fleuve à compter d'aujourd'hui. Nos cartes ne nous sont plus d'aucune utilité à partir d'ici. Compas et boussole en main, les courbes du fleuve se dessinent peu à peu sur ma feuille. Nos escapades journalières en forêt sont source d'étonnantes découvertes en matière de plantes ou d'insectes. En début d'après midi après un solide repas composés de tarentules braisées et de singes, Nous avons entrepris une marche pour la digestion. Un de nos porteur a fait un faux pas et a chuté dans un fourré. Quelle ne fut pas notre surprise en le voyant se relever en tenant des ossements! Nous avons dégagé la végétation pour découvrir le reste. Le squelette devait être là depuis plusieurs dizaines d'années si l'on en juge par l'état des os. Etrange coïncidence, le crâne ressemble à l’étrange corps que nous avons trouvé dans le ventre de l'anaconda. Cela m'amène à cette question: La région est elle occupée par une tribu de jivaros dont la tête est énorme ainsi que les yeux si l'on en juge d'après le diamètre des globes oculaires? Nous n'étions pas au bout de nos surprise, en voulant dégager le reste des ossement pour lui donner une digne sépulture, mon fils a trouvé cet objet serré dans la main du squelette. L'objet est en or sans aucun doute et il pèse près de 900 gr. J'ai redessiné l'objet en indiquant sa taille. Je n'ai aucune idée de ce que cela peut être mais elle me fait penser à une clé. Je la garde précieusement dans mon sac, en espérant qu'elle ne disparaisse pas comme l'étrange pierre que nous avions trouvé."
09 août 2005
B. Corbet
L'énigmatique B.Corbet
Beaucoup d'entre vous me demande comment je me suis approprié les carnets du Colonel. Je le dois à un dénommé B. Corbet. Je l'ai rencontré il y a près de vingt ans sur une île au large de la France. J'étais venu visiter une abbaye qui parait-il abritait des indices concernant les Templiers. Peine perdue, à mon arrivée, je ne trouvais que des ruines fumantes à l'endroit indiqué.
"Ca a brûlé la nuit dernière, vous auriez vu comment tout s'est embrasé! On se serait cru en enfer" dit une voix grave. En me retournant je vis un homme, ventilateur à la main, vêtu d'une chemise hawaïenne et d'un bermuda plutôt grotesque.
"Je suis B. Corbet, mes amis m'appellent Corbett" continua-t-il.
"Il parait que cette abbaye a abrité durant quelques années certains templiers. Ils auraient même laissé des indices sur leur destination au moment de leur départ. Mais c'est con, ça a brûlé. Le curé devait faire de la contrebande d'essence c'est pas possible sinon"
"Excuse me guys, My name is Brown and I’m looking for the abbey.." coupa un troisième personnage
"Ta gueule du con d'amerloque! Tu vois pas que je parle?" rétorqua Corbet
"I'm a novelist and i would like to.."
Le touriste américain ne put continuer sa phrase, Corbet lui jeta son ventilateur qui le manqua de peu. L'homme pris ses jambes à son cou sans demander son reste.
"Ou en étais-je? Ah oui l'église, les templiers, tout ca c'est du pipeau pour femmelette aveugle, tu verras que dans vingt ans un imbécile comme lui (il désigna une ligne de poussière au loin) va nous pondre une connerie la dessus. Les templiers, l'église, et pourquoi pas De Vinci tant qu'on y est?! Pff".
Il fouilla sa poche et sorti un petit carnet noir entouré par d'un élastique. En l'arborant fièrement comme le petit livre rouge du grand timonier il dit
"Ca c'est de la dynamite! Mais tu n'es pas encore prêt, tcho p'tit!"
Avant que je dise de quoi, il se jeta dans l'épais fourré pour disparaître dans la forêt. Je l'entendis crié plusieurs fois "Putain de ronces à la con" ou "Borbel de zob de branche d'arbres"
Je ne l'ai plus revu.. jusqu'a récemment. Dans le couloir du métro de Montréal que j'emprunte tous les jours pour me rendre à mon travail, quelqu'un me bouscula, il se retourna en jetant un "Désolé". Je cru reconnaître Corbet mais je n'en suis pas sur.. 20 ans c'est long.
Toujours est il qu'en sortant du métro, quelque chose pesait sur mon sac à dos, en l'enlevant de mes épaules, un paquet des quatre carnets noirs à élastique y etait accroché...
Ainsi commence la surprenante aventure des carnets retrouvés du colonel F.
05 août 2005
Les carnets retrouvés du Colonel F. part 9
Extrait du carnet 0525
"05 Juin 1925. Nous nous sommes aventurés dans la jungle aujourd'hui pour faire le plein de provisions. Les fruits ne manquent pas et la chair de singe est délicieuse. Nos porteurs ont quand à eux rapportés quelques tarentules en guise d'appétif. En les enveloppant dans des feuilles de bannaniers et en les placant sous les braises, elles s'avèrent particulièrement délicieuses. Étonnante découverte durant l'apres midi! En avançant avec difficulté dans l'épaisse jungle nous avons mis à jour une étrange hutte. En la dégageant de la végétation, nous nous sommes rendu compte que c'etait une imposante structure de forme elliptique qui rappelle étrangement les cerf volant de l'autre soir. J'ai exploré l'intérieur de la structure (qui sert d'abri à un groupe de singe) sans rien trouver de notable à part quelques inscriptions que je recopie en même temps que je fais un rapide croquis de notre découverte. Son inclinaison me fait croire qu'elle volait ou planait avant de venir s'écraser ici. Toutefois dans la structure, je n'ai rien vu qui ressemble à un moteur."
04 août 2005
Les carnets retrouvés du Colonel F. Part 8
Extrait du carnet 0525
"04 Juin 1925. Étrange rencontre au crépuscule alors que j'étais en train de satisfaire un besoin naturel à l'écart du groupe, j'ai entendu des clapotis du côté du fleuve. J'ai pensé à un autre anaconda, j'ai aussitôt dégainé mon pistolet. En observant attentivement le fleuve j'ai vu une tête hors de l'eau. Ca ressemblait a un tapir avec deux excroissences sur le sommet du crâne (voir croquis). La bête machait des herbes sous marines. Elle a replongé quelques secondes après et je l'ai perdu de vue. Je pense avoir decouvert une nouvelle espèce de tapir, j'espère pouvoir l'observer de nouveau. En attendant nous avons repris notre route. Journée tranquille en somme."
01 août 2005
Les carnets retrouvés du Colonel F. Part 7
Extrait du carnet 0525
"02 Juin 1925. Nous continuons à remonter le fleuve, tout se passe sans incident depuis deux jours hormis ces étranges lumières dans le ciel que l'on voit la nuit. Nos porteurs disent que ce sont des dieux ancients qui envoient leur yeux pour nous espionner. Je reste persuadé que ce sont des indiens cachés de l'autre bord du fleuve qui font du cerf volant la nuit. La lumière doit provenir des lanternes qu'ils fixent dessus. Ce qui me surprends le plus c'est qu'ils arrivent à les manipuler avec une magnifique aisance en l'absence de tout vent. Si le reste du voyage se passe avec une telle tranquilité, je vais enfin pouvoir mettre à jour ma carte depuis le début de notre entrée en "Terra incognita". 2h du matin, c'est la panique à bord de notre pirogue les lumières dans le ciel font des piqués sur notre embarcation depuis plus de vingt minutes. Elles se déplacent à grande vitesse et passe à peine à deux mètres au-dessus de nous et ce dans le silence le plus absolu. Elles font plus de quatre mètres de diamètre. Puis d'un coup tout a disparu comme si on avait fermé un interrupteur."
26 juillet 2005
Les carnets retrouvés du Colonel F. Part 6
Extrait du carnet 0525
"30 mai 1925. J'ai toujours détesté les serpents! Je les hais du plus profond de moi même! Je viens de le rappeler à un anaconda à coups de 6.35 en pleine face. Il s'est glissé entre nous durant plusieurs metres avant de resserrer son étreinte sur moi. J'ai compris tout de suite ce qui se passait et j'ai ouvert le feu dans l'eau juste devant moi. Le reste du groupe n'a pas compris ce qu'il se passait au début, jusqu'à ce que l'anaconda sorte de l'eau! Le bon côté de la chose, c'est que la chair d'anaconda est delicieuse quand elle est bien cuite. Nous n'étions pas au bout de nos surprises, en vidant l'animal, dans son estomac nous avons retrouvé les restes à moitié digéré d'un être difforme, il ne restait qu'un bout du torse et un bout de bras. Il devait souffrir de malformation. Sa tête était énorme par rapport au corps et de gros yeux globuleux et un orifice qui devait lui servir de nez. Des lambeaux de vetement couleur argent collaient au reste du corps. Je fais une croquis rapide de cet être avant de lui donner une digne sépulture. Après une bonne nuit de repos, nous continuons notre route en longeant le fleuve."
20 juillet 2005
Les carnets retrouvés du Colonel F Part 5
Extrait du carnet 0525
"28 mai 1925. Il semblerait que le village que je cherchais ne soit plus là. À cette place se trouve une zone vide et calcinée à certains endroits. Le sol s'est littéralement soulevé puis vitrifié vers le centre. Les arbres aux alentours ont été souflé par une force inouie. Une tornade expliquerait bien des choses mais il n'y en a quasiment pas dans cette partie du globe. En observant plus attentivement on dirait qu'une bulle de savon géante a pris naissance à un metre du sol, s'est mise à enfler avant d'éclater.
Macabre découverte, au milieu de la zone vitrifiée, la tête de notre porteur disparu est empalée sur un pic. Est ce un avertissement? (Cette technique est souvent employé par les indiens qui guerroient dans la région). La tête semble avoir été arrachée avec une grande force. La plupart de nos porteurs se sont enfuis en la voyant.
Sous la promesse de doubler leur prime, trois porteurs acceptent de rester avec nous. Maigre consolation, ce sont eux qui portent nos armes et munitions. Ceux qui transportaient le plus gros des vivres ont disparu dans l'épaisse jungle. Gageons sur leur bon sens pour qu'ils rebroussent chemin. Nous installons notre camp ici pour la nuit. Demain, nous rebrousserons chemin vers le fleuve et nous tacherons de remontrer celle ci en canoe."
17 juillet 2005
Les carnets retrouvés du Colonel F. Part 3
Extrait du carnet 0525
"28 mai 1925. Je commence à douter de la bonne moralité de nos porteurs. En effet l'étrange pierre trouvée par Sam a disparu de mon sac le soir même, je n'ai même pas eu le temps de retranscrire les étranges symboles gravés dessus. Aujourd'hui nous avons fait découverte surprenante. En essayant de trouver un raccourci pour rejoindre un petit village que j'avais repéré lors d’une précédente expédition nous somme tombés sur une tête de pierre à demi enfouie sous une dense végétation. Elle ne ressemble à rien de connu à ce jour. On dirait la tête est inversé avec une bouche ouverte ou l'on peut voir des dents pointues. Je note son emplacement exact pour une prochaine expédition qui sait? Nous nous attardons pas plus que ça, la nuit va tomber bientôt et je serais beaucoup plus rassuré quand nous aurons atteint le petit village en question."



















